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  • citation de la lettre evene

    Une des fonctions essentielles du conte est d'imposer une trêve au combat des hommes.
    [ Daniel Pennac ]

  • lettre d'Honorine à Brillant

    Ecrite sur le thème: j'ai tourné la page: il n'y avait rien derrière.

    Enfin, je vous ai connu mon frère jumeau d'une même infortune. D'autres  parents ont été aussi fous que les miens pour nous affubler de ces horribles prénoms qui donnent à nos destins le parfum d'un autre siécle et nous obligent à vivre à la recherche d'émotions qui n'existent plus. Dans la poésie d'une éternelle enfance où le temps avait le goût du temps, art de la liberté et du badinage, de la frivolité et de l'insouciance, art de la couleur de de la joie.
    Imaginez mon cher Brillant ce qu'aurait pu être notre vie si le travail ne nous obligeait pas à cette trajectoire du boulot- dodo? Imaginez vous devenus aveugles aux beautés de la Seine et sourds au chant des oiseaux, dans le petit jour où l'aube s'étire sous ses promesses volupteuses?
    Imaginez ce qu'aurait pu être notre joie si nos prénoms désuets n'avaient entraîné risées et mises à l'index, incompréhension et solitude. Honorine? C'est surprenant mais délicat. Non c'est ridicule, grotesque, délictueux. Pourtant vous ressemblez à tout le monde. Le rouge farde vos lèvres de baisers lascifs et pulpeux. Vos yeux sont bleus comme les îles Caraibes. Votre rire a la fraîcheur d'un cristal de Bohême. Quand vous êtes triste, c'est Pierrot qui chante à la lune la ballade nostalgique des feux sans âme.
    Et vous mon cher Brillant, comment vivez vous votre pensum? Je suis sûre que vous n'avouez votre prénom qu'à ceux que vous aimez, à ces femmes qui peuvent dire: "je suis ton miroir" avant d'être ses maîtresses frissonnantes que l'ombre habille et déshabille.
    Ah! Brillant que j'aime votre regard de fille enveloppant et doux avec des cils qui n'en finissent pas de se recourber. Mais vous, souffrez vous de cette beauté déplacée que d'autres vous envient?
    Vous souvenez vous où nous nous sommes connus? Etait ce dans "une saison en enfer"? Avons nous fait escale ensemble "dans le Bateau Ivre"? N'avons nous pas dit ensemble que la violence des hommes ne sert pas à tuer mais à vivre, vivre en chantant et en criant, fous d'ivresse ou d'Absolu?
    Serions nous tous les deux les rescapés d'un imaginaire sans culpabilité?
    Pourrions nous encore faire l'amour comme de simples mortels?
    Brillant, répondez moi. Cette lettre est elle un adieu ou un commencement?

    Cher Brillant
    J'ai reçu de vous une réponse bien étrange. Une feuille blanche où vous me disez que c'était la nuit.
    Alors j'ai tourné la page mais il n'y avait rien derrière.

  • secondes de pluie

    Seconde. L’écoulement du temps. Aujourd’hui le temps coule en pluies épaisses, aveuglantes et les secondes se collent entre elles comme de la glue.

    Secondes. Gouttes de pluie qui coulent sur le temps, l’ennui au gris de la nuit mêlé.
    A travers la vitre, le désespoir semble fermer la vie au regard.

    C’est l’infini, l’infini tristesse de l’instant, comme peut être infini le bonheur d’un instant d’amour.

    Mystère des peaux croisées, alchimie des inconscients conjugués, noyau des souvenirs qui laisse fleurir la sève des désirs.

    La pluie dure des heures aujourd’hui, le gris couvre tout, il faut pour vivre penser à un autre jour, qui sera, dans le soleil du printemps, dans le vent parfumé d’un crépuscule d’été.

    Ou se coucher sous la couette, et laisser les mots abolir les heures, dévoiler nos rêves, caresser nos attentes, donner une couleur à notre vide, une consistance à l’absence de l’autre au manque de, à cet infini du manque, qui peut être aussi le manque infini…

    Se parfumer de l’essence des mots, jouer à n’être plus qu’eux, confondre tous nos sens dans le déroulement de la phrase. Se retrouver hors-temps.  Dans le miroir des non-dits. Là où se délitent les déchirures qui tissent dans cent souffles notre solitude.

    La solitude de chacun, celle qui raconte son passé et ses oublis, le double je de la mémoire qui déchiffre et met en friches la pesanteur ou la légèreté de l’être.

    Une sonnerie de téléphone vrille le silence. Il faut répondre. Même seul, on appartient aux autres.

    Les apparences sont notre vie.

    J’aime le mauve sur mon regard, comme le négligé d’une robe qui habille mon corps en préservant sa fluidité.

    Je voudrais vivre en marchant, pour contempler à chaque pas l’espace de ma liberté.

     

     

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