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  • Jordan(extrait de roman)

    Extrait d'un de mes romans comme toujours inachevé.
    Le personnage auquel l'héroïne écrit est comédien. Cette lettre comme toutes les autres est imaginaire.
                             

                                        Cher Jordan

     

    Ma chatte Héloïse dort à mes pieds, douce comme du satin, rousse comme un soleil d'automne. Je j'ai caressée longtemps. J'aime son ronronnement dans le silence. J'aime sa présence, son indépendance, sa façon de danser dans l'espace, sa souplesse, sa rondeur.
    Dans ses yeux jaunes, je lis parfois une certaine ferveur comme si elle connaissait des secrets de sainteté.
    Si elle avait été une demoiselle, nous aurions écrit des poèmes ensemble.
    Nous aurons eu des mots légers et sauvages sur le temps et sur les hommes, sur le vent et sur vous.
    Elle a miaulé tout à l'heure quand j'essayais de lui dépeindre votre visage. Le menton arrondi des lunaires, les pommettes saillantes des anxieux, les lèvres fines de penseurs. J'ai gardé pour la fin vos yeux bleus si clairs qui marient la lumière avec intensité.
    Aujourd'hui j'ai regardé Paris pour vous. Marcher dans l'automne naissant, quelle étrange émotion.! La lumière tremble. Le ciel est froissé de blanc, la terre est ocre. J'aime le bruit des feuilles mortes sous mes pas et cette tiédeur de l'air. La ville est apaisée. Le temps s'arrête de longues minutes. Le vent me caresse. C'est l'Instant du Bonheur. La légèreté. Un soleil éclaté dans vos paupières, si vous y pressez et retirez vos doigts très vite. Je vous l'offre. Pour que vous rêviez aussi, pour que vous connaissiez l'enfance éternelle, celle qui guide nos pas vers le plaisir d'exister, vers l'absence de culpabilité, vers le refus du malheur. Cela s'appelle l'insouciance, l'inconscience, l'innocence mais quelle joie!
    Vous voyez, je ne voyage qu'à l'intérieur des  sentiments. Je suis une aventurière de l'Ame. La votre quand vous jouez c'est un peu de Dieu.! Et puis sur une scène, il y a vos yeux qui font l'amour à toutes ces femmes venues vous applaudir et je me dis quelle jouissance de se sentir aimée ainsi sans discernement. Puis j'entends votre voix. Etrange frisson. Des sons qui riment sans musique dans une salle noire où le silence vibre de cent souffles retenues. La nuit appartient aux anges. Je sens leurs ailes qui froissent l'air comme des pétales de pluie. Vous brillez de sueur, de douleur, d'amertume ou d'espoir.
    Votre présence, votre sourire, je les écoute. Les mots viennent après. Vous leur donnez un corps, une intelligence, un éclat et ils vivent. Tantôt ombres, tantôt reflets, tantôt couleurs ou noirs soleils. Ils nous accompagnent longtemps comme s'ils étaient notre mémoire.
    Le théâtre n'est pas tout. Quand vous n'êtes pas son interprète, quel homme êtes vous? Quel amant? Quelles femmes aimez-vous? Comment puis-je vous séduire?
    Je m'offrirais à vous devant un grand miroir. Je dessinerais sur votre peau avec les ongles de ma fantaisie. Je vous ferais embrasser le parfum sur ma gorge, je glisserais mes doigts dans vos cheveux et je m'endormirais la nuit dans un baiser. Pour retrouver les contes de mon enfance. Les princesses gracieuses et chastes aux longs cheveux d'or et à la bouche vermeille.
    Je crois que je passerais toute la nuit à vous raconter ma vie. Pourtant il faut que je dorme. Mais l'angoisse m'attend et le sommeil s'éloigne. Il y a quelques mauvaises palpitations dans ma poitrine. Mon imagination décime les colombes noires des peurs enfantines. Mon ventre se creuse de mal-être. Alors j'écris encore pour trouver les clefs de ma prison. Des poèmes, des chansons, quelques portraits. Puis je m'endors couchée sur mon papier, le stylo dans ma main.
    Quand je me réveille j'ai tout de suite envie d'être debout, de marcher en respirant la fraîcheur du matin.
    Ecouter tous les bruits de la vie.
    Enfin mon cher Jordan, je ne vous assommerais pas avec tous les détails sans intérêt de mon quotidien.
    Je vous dis au revoir maintenant sur quelques notes de la Flute enchantée, année Mozart oblige.

     

     

  • citation de la lettre Evene

    On peut rire de tout, mais pas avec tout le monde.
    [ Pierre Desproges ]
    Extrait du Tribunal des flagrants délires

     

     

    0N NE PEUT PAS RIRE DU MALHEUR DES AUTRES.

    Elisabeth Mesner.

  • carte postale

    CARTE POSTALE

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    Nature morte. Bleu vivant. Blanc de craie. Chaise de paille séchée. Chapeau au piquet. Echelle noire. Bleu d'outre mer. Pommes rouges et rondes. Perspectives baroques. C'est peut -être l'heure de la sieste. Chaleur qui craquéle les murs. Médinas. Villes mauresques serties dans un silence opaque. Regard qui se ferme. Soleil dévastateur. Le temps s'arrête. Les maisons sont closes, les rues désertes.
    Dans une cuisine aux carreaux blancs l'eau coule pour apaiser la soif. Deux jarres en terre sont posées sur la table de bois. Assis sur un tabouret un enfant lance son cri au silence. Les mots n'ont pas trouvés asile. Seule je les invente.

     

     

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