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  • La cape

    Fourrure mate du vison, étrange douceur animale qui recouvre mon corps d'une caresse continue, tu dévoiles mon âge, celui où on a besoin de s'affirmer femme à travers les vêtements que l'on porte. Parfum d’élégance, qui efface le doute et rehausse le conformisme.


    Quand j'avais vingt ans, cela aurait été impossible. Mon corps si libre, si léger, ma pensée versatile et frivole, n'auraient jamais supporté la contrainte d'un manteau droit avec des agrafes qui assagissent.


    Seule la cape, avec sa fluidité avait mes faveurs.
    Cape que je préférais en cashmere, rouge pour attirer les regards, ou grise pour les éloigner.

    J'aurais bien aimé une cape d'un bleu tendre, mais je trouvais que cela dénotait sur le noir de mes cheveux et la matité de ma peau.

    Une cape, un vêtement phare qui cache tous les autres. Avoir une robe moulante ou un pull tout déformé et ne pas en rendre compte. Choisir d'être habillée à la va-vite le temps d'un parcours en ville. Se cacher derrière un simple drap de tissu c'est comme être habillée de rien, et ce rien nous rend étrangement anonyme et vulnérable.


    Entre 20 et 30 ans combien de capes j'ai aimé, et ôté moi-même.

    Rares furent les amants à qui j'ai octroyé le droit de commencer par là mon déshabillage, comme pour exprimer mon domaine privé, l'intimité que l'autre ne peut jamais atteindre.

    La cape est restée muette sur mes souvenirs et ma part inaltérable d'enfance...

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