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  • la nuit rouge

    La nuit rouge

    Couchersoleildiversnuitcoet19670 C'était une nuit étrange.
    Yves ne savait pas pourquoi.
    Il s'était réveillé en sursaut. Avait regardé le réveil près du lit. Seulement 3 heures.
    Dehors la pluie sanglotait. Le vent sifflait dans les branches. Le temps était à cran comme s'il devait porter sur lui toute l'éternité.
    L'angoisse se mit à creuser dans son coeur. Il allait peut-être mourir. Même le corps d'Anne allongée près de lui ne répandait aucune odeur de vie. Il y avait dans cette silhouette lascive, silencieuse, recueillie trop de beauté et de grâce.
    Lui ressentait plutot une envie de violence, qui prenait la forme d'images éparses et de sensations friables où s'ouvraient toutes les failles de son passé. Son sang s'y engouffrait comme un torrent.
    Il était submergé de rouge et ce rouge lui otait toute mémoire.

    Qui était il?
    Yves Verneuil. La quarantaine. Marié, père de famille. Publicitaire convaincu. Des yeux couleur d'automne avaient  fait son succès près des femmes, et des jalousies parmi les hommes qui le laissaient indifférents.
    Tout était bien. Alors pourquoi cette angoisse soudaine  et le sentiment d'avoir perdu quelque chose d'important dont dépendait sa vie?
    Il chercha en lui. Il entendit ce rire fracassé, de l'enfance qu'il avait laissé mourir. Elle lui avait demandé d'être là, tendre et fragile, et il n'avait pas voulu. Alors elle se vengeait de sa vie maintenant et semblait lui dire: "tu n'as pas assez vécu, alors tu vas mourir".
    Il haussa les épaules, alla au salon, se servit un whysky. Il voulait se rassurer avec des gestes d'homme. Pourtant le silence et la solitude lui paraissaient soudain inavouables.
    Il regarda dans la rue. Les reflets de lumière d'une chambre d'hôtel. Le tapinage doux des réverbères, la blancheur de la lune.
    La nuit s'étirait dans du velours.
    Il voulait la pénètrer, la faire crier, comme uen femme qui tournait autour de lui pour l'enserrer dans sa chevelure furieuse. Elle l'emportait vers son imaginaire, l'entraînait vers sa démesure.
    Il retrouvait ses rêves et une jouissance instinctive où toutes ses frustrations se déchiraient, vibraient, fragments d'enfance dans un miroir. Dans des chambres au lourd parfum des femmes offraient leurs bouches rouges. Les interdits s'ouvraient comme des fleurs au paradis des éphémères.
    Le temps errait sans désespoir.
    Yves ne ressentait plus aucune angoisse. Il venait de renaître.
    Plus tard il s'endormit une main posée sur les seins de sa femme. Le matin son bonjour chantant ne put le sortir de sa torpeur.
    Il y avait dans sa fatigue un délassement qui ressemblait à une fête.
    Elle lui disait: "Lèves toi, mais lèves toi, tu es en retard."
    Il entendit ses mots et se rendormit.
    Il avait l'impression qu'il s'était passé quelque chose cette nuit là. Mais quoi? Il l'avait oublié.

  • citation personelle sur la vieillesse


    " La vieillesse c'est quand votre corps ne vous aime plus."

    Elisabeth Mesner

  • citation de la lettre evene

    Si le travail c'est l'opium du peuple, alors je ne veux pas finir drogué...
    [ Boris Vian ]

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