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  • au temps des saisons

    au temps des saisons

    Après tant de jours gris perdus  dans la monotonie le printemps s'était éclos. Le soleil touchait la peau. Les corps et les âmes se remettaient à rêver et à aimer.
    Elle essayait d'oublier l'hiver et redoutait deja l'été. Elle détestait les voyages au soleil, le corps fourbu de chaleur, la soif insatiable et la sueur sur sa nuque.
    Le soleil la consumait. C'était comme si l'amour se mourait, la vie se retirait, que seul la mer et la violence des vagues pouvaient lui restituer cette énergie perdue.
    Le matin quand il y avait encore un peu de fraîcheur, son regard contemplait cette ligne bleue où le ciel et la mer se confondent. Elle se rêvait elle, si fragile, dans l'espace infini.
    A l'heure de midi recommençait la torpeur. Elle attendait alors le soir, avec le vent, avec les paysages fous des nuages fondus dans la nuit.
    Elle guettait la lune, s'apaisait de ses formes rondes, s'imaginait la toucher, dormir sur son  lit de brumes.
    Puis la nuit tombait. Alors commençait une autre vie, celle de ses voyages dans l'univers  fantasque du jeu. Dans la salle ouatée des casinos, hommes et femmes se rejoignaient dans une tension avide. Ils ne se regardaient plus, mais s'accompagnaient, s'offraient à cette volupté du jeu où l'argent n'était plus qu'un éclat de rire ou un frisson de colère.
    La boule tournait, indifférente, incessante. Les jetons se déplaçaient, ilôts de toutes les couleurs. Quand elle le pouvait, elle choisissait le rouge.
    Rouge: couleur de la vie et la mort. Ce grand voyage de la nécessité et du hasard, dans lequel elle se plongeait, poitrine trop dénudée, bouche frémissante, douleur dévoilée dans l'imminence du plaisir.

  • citation evene

    Qu'est-ce que le pouvoir ? C'est la réponse à la volonté de chaque individu d'être premier, irremplaçable et constamment prioritaire. « Envoyer à un ami
    « Dans mon citabook
    [Maurice Druon] «

  • Le passant

    le passant

    Il était une fois un passant très étrange qui habitait ma rue.
    Ceci n'est pas une image. Il habite ma rue de 6h 30 du matin à 10h 30 du soir.

    Sur un périmétre de 20 m2 il marche, s'arrête, masse son crane tout chauve,  s'étire, regarde ses mains, ses pieds ou plutôt ses chaussures, compte ses doigts, étire son cou, allonge les manches de son blouson, se remasse le crane, réétire son cou, ect, ect, ect.

    Les premiers jours, je me suis dit: "il est fou" c'est tout. D'ailleurs j'ai appris qu'il a été interné de longues années et qu'avant de choisir la rue, il s'exerçait sur son balcon. Même par temps de pluie ou très rarement de neige.
    Mais après je me suis dit que j'étais incompétente pour le déclarer fou, qu'il y avait trop de sortes de folies que je ne pouvais ni décrire ni imaginer.
    Pendant  d es semaines, sa présence m'a interpellée et puis je me suis "raisonnée". Il est aussi absurde que l'horloge public qui depuis des mois marque dix heures sur la place.
    Il est peut-être à sa place puisqu'il l'a choisi.
    Aucune impatience ni aucune autre forme d'émotion d'ailleurs ne se lisent sur son visage.Il est là en étant ailleurs, sans jamais s'ennuyer.
    Seule question que je me pose encore: à quoi peut-il penser? Seul dans sa tête, ne parlant jamais à personne.
    Se parle t'il à lui même? Se voit t'il? Sait il qu'il existe?
    Il habite un immeuble cossu, ses parents sont des gens aisés et cultivés(je ne dirais pas leur métier) il est rasé, bien habillé, porte de belles boots. Alors peut-être est t'il un fou heureux?

    Je n'ai jamais eu envie de lui parler. Sans doute que dans mon inconscient il me fait peur. Il doit représenter comme "un tabou" infranchissable.
    Sans doute un "vrai romancier" lui aurait tout de suite créé une histoire. Moi non je bloque d'une façon définitive.

    Mais je serais curieuse de savoir ce qu'il pense de moi, s'il me regarde ou seulement me voit, silhouette étrangére à son monde.
    Je n'éprouve pour lui aucune peine, mais pour ses parents si.
    C'est tout, c'est vrai, c'est incroyable quelque part mais comme la Réalité, non comme une Fiction.
    Bonsoir à tous.

     

    P.S: depuis j'ai vu cet homme guérir, et marcher d'un pas si rapide, qu'on aurait di qu'il courrait.
    Ce miracle s'est hélas terminé. Et il a à nouveau rechuté, changeant seulement de rue, et sans doute, était t'il là encore aujourd'hui malgré la neige. Tristesse de l'âme prisonnière dans un corps.

     

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