Avertir le modérateur

  • LE parapluie rouge

    1147053941_fecc8568f4 jpg.jpgC'était la premiére phrase d'une histoire qui pourrait bien être celle du parapluie.
    Serait- il rouge comme le froissement léger de la soie sous le clapotis de l'eau?
    Serait- il rouge commme la trace du baiser sur le front du désir?
    Serait-il rouge comme la clameur des arènes au sang d'Espagne?
    Serait il rouge comme un vent de colère où s'indignent les espérances?
    Serait- il rouge comme au pays des rêves la meurtrissure des songes?
    Serait-il rouge comme le cri des sortilèges au revers de l'ennui?
    Serait-il rouge comme le nez d'un clown qui brille dans la nuit?
    Serait-il rouge comme le premier pas d'un amour où s'aiment les anonymes?

    Pour quelques années, quelques chansons, quelques voyages, quelques enfants, quelques histoires.
    Comme celle du parapluie rouge que l'on aurait oublié quelque part dans un coin
    Et sur lequel ton noble postérieur
    S'est assis, surpris.

  • hotel des libellules (roman inédit)IV

    C’était la première fois qu’une femme l’embrassait. Maintenant qu’Isabelle avait regagné sa chambre toute la scéne lui revenait en mémoire dans un sentiment d’irréalité. Oui le baiser d’Anne l’avait dégoûtée. Elle avait serré  ses lévres pour ne pas le recevoir. Et elle s’était tournée vers Steeve avec  l’envie de lui dire » t’es qu’un sale petit con » mais elle avait préféré se taire pour mieux le mépriser du regard.
    Elle avait regardé son sexe pendant et elle avait pensé : il n’y a rien de plus laid qu’un sexe qui ne bande pas. Mais bon, elle n’en était pas à son premier amant, elle avait joui, elle l’avait possédé- lui aussi sans doute- et c’était bien. Surement qu’ils ne se reverraient pas et que plus tard, elle penserait à cela avec cette sensation d’incertitude qui colore les souvenirs avec le temps. Tout çà était un jeu mais maintenant qu’elle avait pris sa douche- se sentir propre pour oublier plus vite- et maintenant qu’il était plus de minuit, qu’elle n’avait plus sommeil, elle se rendit compte d’une manière brutale, par une crampe très désagréable qu’elle avait faim. Une faim qui attend son festin et c’est avec colère qu’elle se rhabilla. Le seul endroit où elle pouvait encore manger  à cette heure là c’était au casino.
    Elle redescendit l’escalier, traversa le bar  vide, imagina le fantôme de Steeve et poussa la porte de l’hôtel. Dehors elle ressentit le froid comme une gifle. Elle marcha dans la nuit avec inquiétude comme si l’écho de son pas lui faisait peur. Enfin elle se retrouva devant l’entrée des Océan Folies, se dirigea  nerveusement vers le vestiaire se débarrasser de son manteau et entra d’un pas décidé au bar des machines à sous puisque à cette heure là le restaurant était fermé. On lui servit ce qu’il restait encore : une salade océane, un verre de Bordeaux, un pain en caoutchouc.  Ni heureuse ni rassasiée, elle se dit que la frustration étant la première motivation d’une joueuse , elle retourna aux machines à sous.


     

     

    Matin du dimanche. Isabelle s’étirait encore une fois avec l’espoir de sortir de son lit, mais la fatigue de cette nuit trop courte lui plombait les muscles, anesthésiait son cerveau, et laissait poindre le début d’une tristesse indigeste. De ses ébats  avec Steeve et avec la présence de cette femme qu’il avait interposé entre eux, elle gardait un sentiment de honte.
    Le plaisir achevé, le désir absent, le silence de cette chambre qu’elle trouva it maintenant hostile, tout çà lui donnait la nausée. La nécessité du  réel la ramenait vers Phillipe et Paris. Deux initiales qui s’enchevêtraient dans le quotidien d’une banalité sans inconnu.
    Elle se leva brusquement du lit- il fallait en finir avec cette paresse- tira les rideaux,  ouvrit les fenêtres  , respira l’air iodé, découvrit  un ciel gris, se montra boudeuse à l’idée de cette journée qui lui restait à passer ici, même si elle connaissait assez bien la ville pour y avoir ses repères. Elle prendrait un petit déjeuner tardif au café des Voyelles, puis se promènerait au marché. Elle aimait ici le contraste entre les étalages, des poissons à l’œil ouvert  qui dormaient prés des bacs de fleurs. Puis elle prendrait la rue de La Paix qui l’amenait au PMU
    Petit sourire au Hasard, goût de la spéculation et des chiffres, tendresse pour tous ces hommes et femmes qui cherchaient la même chose : un peu de rêve, le rire de l’amitié, le vin du midi, l’argent qui tombe du ciel et peut-être tout à l’heure au moment de la course, le bruit des galops dans la rumeur du vent.
    Après ce sera un « farniente » frileux sur les transats de « Parfum de Plage », le seul restaurant qui sortait ses chaises longues en début d’automne, quand le soleil voulait bien venir caresser encore une fois les pâles hâles qui restaient de l’été.
    A imaginer  tout cela, elle sentait revenir sur ses lèvres le goût de la liberté.
    Elle allait prendre le large, comme elle prenait le vent, entre violence et légèreté, prête à l’ivresse, prête au bonheur, prête à effacer de son sang toute la dérision du monde.

     

     

     

  • citation de la lettre evene

    Pensez faux, s'il vous plaît, mais surtout pensez par vous-même.
    [ Doris Lessing ]< /b>

Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu