26.02.2008
modes ou moods
Coups de coeurs ou simplement mouvements d'humeur ma vie et ma maison sont remplis de ces coups de foudre d'un instant, qui vont d'un simple stylo à un manteau, en passant par un chapeau, un sac, un fard à paupières qui ne seront jamais portés. Mais posés sur une table, dans un pot, ou dans une armoire et que l'on ne peut jeter parce qu'on se sent coupable de s'être trompée de choix, de tendance, de couleur ou simplement d'humeur.
Impossible de recenser tous ces objets, miroirs fourbes de notre infini désir de plaire.
Pêle -mêle un stylo à encre bleu marine version homme, un stylo à plume laqué version femme qui ont été abandonnés après la première cartouche. Pourtant ils avaient été un vrai coup de coeur: j'avais flashé dans la vitrine, sur ces stylos qui "signaient" des prénoms, des visages qui avaient traversé ma vie sans s'y inscrire tout à fait.Avec peut-être cette frustration idiote de se dire " de toute façon ce n'est pas un Mont-Blanc, ni un Dupont" alors on peut les oublier, les interchanger, les rejeter puisqu'on ne les jettera pas.
Et les sacs, tous ceux qu'on sacrifie à la vanité des modes, les"imitations" de Céline, Hermes, Gucci et tous ceux que le marchand vous cite et que vous ne connaissez pas, pas plus que les chanteurs à la mode de vos ados.
Les chapeaux ont quelques excuses: ils étaient là pour être assortis à une robe qui n'existe plus, alors vous savez d'avance qu'ils seront sacrifiés et offerts aux objets "non perdus" qui s'accumulent sur les étagères poussièreuses de votre penderie. Mais ils vous rappellent un moment et c'est ce moment que vous ne pouvez abandonner au gouffre des souvenirs.
Et puis dans l'armoire de la salle de bains il y a tous ses "gloss, ses "blushs", ses "fards à paupières" qui ont servis d'exutoire à votre envie d'être plus belle et plus fardée. Mais la lumière ayant changée, l'ivresse ayant disparue, le regard de l'autre depuis si longtemps oublié, ils restent comme des preuves de votre indécision, doutes sur vous même qui durent , durs comme la pierre qui s'est incrustée dans votre tête. Un jour çà te plaît, un jour çà te plait pas d'être toi, de n'être que toi, même si être une femme c'est quelque chose qui te va.
Et que faire de tout ce bazar choisi au hasard de ses rencontres, et qui est devenu peu à peu "un territoire de dépendance" ni vérité ni mensonge de soi même?
Servitude ou frivolité, la beauté se pare et s'éparpille dans cette vitrine de breloques et de colifichets.
19:47 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note











Les commentaires sont fermés.